Quel est notre projet ?

Nous avons quatre grands objectifs dans notre projet d’accueil :

• développer l’autonomie de l’enfant, sa soif de curiosité et son envie naturelle de « découvrir le monde » ;

• introduire la diversité auprès des enfants en accueillant aussi des enfants à besoins spécifiques ;

• aider les parents au mieux dans la construction de leur parentalité en les invitant à participer à la vie au sein de l’infrastructure de 16 à 18h00 ;

• accueillir les stagiaires et les encadrer au sein du milieu d’accueil.

     Rencontrer ces objectifs peut paraître utopique. Pourtant, je pense sincèrement qu’en s’en donnant les moyens et en faisant preuve de motivation et d’empathie vis-vis de tous les acteurs de la construction physique et psychique de l’enfant, on peut y arriver. La méthode n’étant pas d’enseigner, au sens littéral du terme, mais plutôt d’accompagner l’individu, qu’il soit enfant ou parent, dans la découverte d’une nouvelle existence.

A. La psychopédagogie

     Au point de vue de la psychopédagogie mise en place, nous allons nous inspirer de la théorie de l’apprentissage social d’Albert Bandura. Bien entendu, nous n’allons pas créer un projet pédagogique ne reprenant que les principes psychopédagogiques de ce psychologue canadien ; nous allons également nous inspirer des autres grands pédagogues comme Piaget, ou la psychologue Françoise Dolto. Cependant, la théorie de Bandura permet de mettre en évidence nos objectifs d’autonomie, de découverte de l’enfant par ses observations et l’apport des parents au sein de la crèche.

Sa théorie : Le Principe de l’auto-apprenant

     Pour Bandura, le simple fait d’observer une autre personne accomplissant une action est une forme d’apprentissage.

     Cette forme d’apprentissage par l’observation s’appelle le « modelage ». Elle est pertinente car le principe repose sur l’observation et sur les conséquences qui en résultent pour la personne observée. D’où l’importance de la socialisation. En section, la vie en groupe horizontal favorise pleinement la mise en application de cette théorie. Voir un enfant faire ses premiers pas et surtout constater qu’il peut attraper de nouveaux objets va entraîner un autre enfant du même groupe à tester la position debout puisqu’il constate de visu que le premier enfant n’est pas en danger.

     La « perspective sociale cognitive » de Bandura permet le développement physique par observation mais il note également que l’observation d’une personne de référence, pour l’enfant, en sa qualité d’aîné ou de personne admirée, permet d’intégrer également des règles de vie sociale sans qu’elles soient explicitées. Comme le fait de voir un enfant aller sur le pot, donne envie à un autre enfant de l’imiter et d’aller lui aussi sur le pot. De plus, observer la participation des parents au sein de la crèche induirait chez l’enfant un apprentissage de l’ordre de « il est important de partager et d’aider les autres » alors que les parents n’enseigneraient pas cette règle au sens propre. L’avantage de la théorie de Bandura est également son « positivisme », il a réalisé son étude dans différents milieux sociaux et non uniquement sur des cas cliniques.

B. Le choix parents-admis

     Le projet d’intégrer activement les parents dans la vie de la crèche vient de mon expérience personnelle en qualité de parent au sein de la crèche parentale communale les Tournesols située à Limelette. J’ai trouvé cette expérience très enrichissante et je voulais la faire découvrir à d’autres sans les contraintes horaires dues aux permanences de 5h00 demandées dans ce type de structure.

C. Accueillir des enfants « exceptionnels »

     Accueillir des enfants porteurs d’un handicap c’est faire le choix de la différence, de l’ouverture d’esprit et de la non-discrimination. C’est aussi un challenge et être capable de faire preuve d’empathie et de capacité d’adaptation. Il est important d’éveiller l’esprit à l’acceptation de la diversité le plus tôt possible. C’est le meilleur moyen de lutter contre les préjugés et le racisme. Pour les enfants, pour le personnel et pour les parents c’est une ouverture à la tolérance.

     De plus, ayant choisi de nous inspirer de la psychopédagogie de Bandura, les enfants valides et les enfants à besoins spécifiques pourront chacun apprendre de l’autre. Chaque enfant un système d’apprentissage qui lui est propre, ce qui est d’autant plus vrai lorsque les moyens d’apprentissages sont différents : un enfant malvoyant développera d’autres sens que l’enfant voyant, que l’enfant sourd.

« Parents-admis », concrètement qu’est-ce que cela signifie ?

     Chaque famille s’engage à participer activement à la vie de la maison d’enfants à raison de deux heures 1X/semaine entre 16h00 et 18h00.

     Le parent participera à la vie en section avec les enfants, il peut accompagner les enfants dans leurs jeux, leurs moments câlins ou proposer aux puéricultrices des activités dans lesquelles il se sent à l’aise. C’est l’occasion de passer du temps avec l’ensemble des enfants du milieu d’accueil et de découvrir les prémices de la socialisation chez son propre enfant.

     Le parent ne sera pas amener à poser des actes réservés à l’équipe des professionnelles comme changer un autre enfant. C’est simplement un moment d’échange et de partage entre toutes les personnes présentent dans la maison d’enfants.

     C’est une expérience très enrichissante aussi bien pour les enfants, pour les parents que pour les professionnelles. On apprend toujours quelque chose au contact des autres.